2012 : Ivan Fandiño

[Le 17 juin 2018, Aire sur l’Adour, lors de sa corrida des fêtes rendra un grand hommage au maestro Ivan Fandiño, décédé tragiquement dans ces arènes il y a tout juste 1 an.
L’occasion pour les tyrossais de revenir sur l’unique paseo effectué par le maestro basque dans nos arènes. C’était en 2012 et voici le compte rendu de cette belle corrida, sous la plume de Philippe Gelez.]

Le cartel tombe enfin début juin avec des toros, d’El Tajo / La Reina propriétés du grand torero Joselito, dont les frères ont triomphé l’an passé à Bayonne.
Pour les combattre, Robert Piles a obtenu la présence du maestro El Fundi dont ce sera la despedida en France accompagné du grand espoir du moment, le basque d’Orduña Ivan Fandiño et d’un espoir sévillan Manuel Escribano dont il gère la carrière.

En début de paseo El Fundi est honoré par le CTT et la CTEM pour sa brillante carrière et ses 25 ans d’alternative, d’autant qu’il quitte la profession en France chez nous… à Tyrosse. Joselito, présent dans les arènes a envoyé un lot de toros homogènes qui n’ont rien de petites sœurs de la charité bien que d’ascendance Domecq. Ils auront tous cette pointe de piquant et de genio qui gênera les toreros au point que le ganadero avoua être sorti déçu de la course, sans épiloguer toutefois sur les causes de sa déception.
C’est curieux car les aficionados « a los toros » sont sortis ravis.
Si près de la retraite, El Fundi n’a franchement plus envie de se battre. Il espérait probablement plus de suavité des pupilles de son compagnon de route car il doit même occire trois toros après la blessure aux banderilles de Manuel Escribano (palmas – silence – silence).

Après un tercio de banderilles risqué, Manuel Escribano reçoit une sévère rouste à son premier et doit abandonner le combat pour son unique contrat en France. Mais le gamin ne désarme pas et revient en piste, en jean avec 18 points de suture au scrotum, pour s’agenouiller au dernier toro devant la porte du toril. De nouveau secoué, Escribano récite une véritable leçon de courage face à un sacripant de catégorie qui lui permet de couper une oreille de vaillant. Olé Manolo !

Mais la bonne surprise, mais est-ce vraiment une surprise, viendra d’Yvan Fandiño qui aurait pu, sans une petite défaillance à l’épée, repartir les bras chargés de trophées.
Son premier toro qui à pris trois piques ne se confie guère mais à force de cites et de passes biens pensés et bien exécutés le basque réalise une profonde faena de maestro mal conclue à l’épée. Six entrées à matar ne l’empêche pas d’écouter une ovation.
Au cinquième c’est une véritable leçon d’aguante que nous propose le torero d’Orduña. Une série de passes, dans lesquelles le toro traverse la piste. La faena déclenche la musique et le public est debout. Fandiño se mélange encore les crayons descabello en main mais coupe quand même une oreille de poids qui en font le triomphateur de la tarde.